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HISTOIRE DU CHASSEUR- HISTORY
OF THE HUNTER
La tradition fait
remonter l’existence des rois chasseurs au VII ème
siècle de notre ère.
L’Empereur Soundjata Keita
fut un des leurs. Il reçut
très jeune le titre de Simbo, grand maître chasseur.Il assit son pouvoir sur la
puissance militaire et l’autorité politique des associations de chasseurs
donsoton.
Ces associations semblent être les plus
anciennes et les plus prestigieuses aussi bien chez les malinkés que chez les
bambaras. Sa particularité et son originalité est qu’elle est totalement
égalitaire.
On y rencontre des membres de toutes
origines sans distinctions de races ,d’ethnie,de confessions religieuses. Cette
structure ouverte la différencie des autres groupes sociaux .La société étant
hiérarchisée entre nobles(horons), artisans(nyamakalas) et captifs (djon),la
succession héréditaire est de mise. Seule la confrérie des chasseurs , avec sa
structure ouverte, ne correspond pas à une succession héréditaire des membres.
Elle avait pour fonction la défense
du village et son approvisionnement en viande.
Mythe
Fondateur
Deux héros mythique sont
à l’origine de la confrérie des chasseurs Malinkés et Bambaras : Sanin et
Kontron.
Ils n’ont pas de patrie fixe.
Leur pays est la brousse. Kontron
est appelé dosofolo c'est-à-dire l’archétype du chasseur. Il est
caractérisée par sa pureté et sa chasteté (sanya-purété de l’or).Les
membres de la confrérie sont les frères de Sanin et Kontron par
conséquent la chasteté est un aspect essentiel du rituel de chasse.
Le Chef de la confrérie dirige les
veillées de chasse, il administre les territoires de chasse également et a bien
d’autres fonctions et veille sur le fétiche(boli).
Activités et
festivités rituelles
Ces activités et
festivités sont animées par le Sora qui est le second personnage de la
confrérie après le Chef des chasseurs. Ses fonctions sont multiples : il est
chantre, griot, narrateur, musicien en un mot il connaît l’histoire de la
confrérie, il en est la mémoire. Ses multiples compétences couvrent les
domaines :
1. Pédagogique :
transmission de la mémoire historique, culturelle, politique des chasseurs.
2. Idéologique :raconte
hauts faits des chasseurs pour les ériger en Modèle à suivre.
3. Religieux :organise
les rituels, les veillées de purification .
4. Esthétique et
artistique : son intervention est le lieu d’expression de sa compétence dans
l’utilisation de la parole pour magnifier l’identité de la confrérie.
Toute la communauté est
consciente de la place incontournable du sora car c’est le seul qui en utilisant
les chants rituels, les chants de louanges et même les chants et les discours à
caractère humoristiques stimule les chasseurs à accomplir de grands exploits.
Parmi ces chants rituels
il ya naturellement le donsomana qui constitue la trame de En
attendant le vote des bêtes sauvages . Le donsomana est un chant
exécute pour la danse des chasseurs.
Il évoque à travers un récit épique les
exploits des chasseurs.
Il est important de souligner que le
donsomana dans son processus de profération navigue entre les frontières de
la Fiction et de la Réalité,et s’étire presqu’à l’infini à travers
un succession diachronique, presque ininterrompue de récits enchâssés. D’ou
le terme ‘’mana’’ qui signifie
caoutchouc. Il est essentiel de signaler que le sora est différent du
Jali en ce sens que tout chasseur peut devenir Sora alors que être
Jali est plutôt un droit du sang. Le Sora utilise pour ses prestations
musicales une harpe traditionnelle
appelée dosogon et est accompagné par soit un griot ou un forgeron
c’est-à-dire un autre membre de la communauté qui joue le role de parterre,
d’agent rythmique[namu minala]
Le déroulement pratique du donsomama
Lieu : place
public.
Thème : lutte épique de
chassseurs contre fauves, diables, sorciers et sorcières.
Processus :
-
Présentation des
chants
-
Refrain repris par
les disciples et le public.
-
Évocation et
Invocation des maitres défunts/vivants
-
Un chasseur, le plus âgé se lève pour
esquisser des pas de danse avec son fusil.
-
Un thème chanté
est attribué au chasseur dont on chante l’exploit. Ce thème constituera une sorte
de refrain.
-
La narration est
entrecoupée d’intermèdes musicaux qui assurent le passage d’un mode poétique
à l’autre.
-
Le sora suspend
régulièrement la narration pour proférer des proverbes, des maximes
moralisantes.
Voici donc globalement
le contexte du donsomana
dont Kourouma s’est fortement
inspiré.
Il cherche alors à transcrire dans le roman
[ notamment dans En attendant le
vote des bêtes sauvages (1998)]
les modalités du deroulement de ce rituel représentatif d’une société de
l’oralité.
Bibliographie
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